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Publié le 12 septembre, 2016 | par Stéphane Favereaux

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Les sombres héros de la Data

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Des GAFA en chevaux de trait creusant à gros sillons aux tréfonds de la virulence publicitaire… au sein de le violence dépossédante.

Des monstres polymorphes, des outres gargantuesques assoiffées, des tonneaux des Danaïdes (Dataïdes) qui ne cessent de s’emplir à l’envi de nos vies abandonnées…

Des rois trismégistes couronnés de l’impureté.

Des états dans les états, des états d’urgence, des tas d’urgences dont il nous faut prendre conscience dans nos vies où les vies se vident les yeux grand fermés

Des sites où l’on migre en s’offrant aux moins-offrant, aux moins-disant, aux moins-cultivant, des Minute Buzz, des Démotivateur démotivant, offrant en guise de vies une réalité percluse de mots-clés, de putes-à-clic, de sombres engeances vides de sens.

 

big data surveillance algorithme

 

 

Des médias sociaux où sombre, morne, la fadaise d’un réel qu’on préfère oublier de peur de devoir l’affronter.

Un Umberto Eco qui meurt emportant avec lui des espoirs, des désirs d’une culture encyclopédique.

Une Encyclopédie, celle de Diderot et d’Alembert dont on a perdu la trace lui privilégiant l’insignifiance parcellaire de bribes enfantines d’un savoir désormais sous contrôle non d’une Église ou de chapelles, mais de sites qui vous disent comment, quand, pourquoi et quoi penser, qui dictent par une projection publicitaire, votre consommation.

Une projection illuminée par les rampes de théâtres mentaux qui n’observent plus, qui ne regardent plus, qui ne ressentent plus, qui ne jouissent plus que radicalement enracinées dans un greffon de quelques pouces de diagonale, adossé d’une pomme ou d’un Samsung, ou d’un chinois esclavagisé pour nous permettre à nous aussi de l’être.

Une servitude volontaire, si peu chère à la Boétie.

Un écran qui nous regarde, le télécran orwellien. Pas encore avec une caméra, pas encore. Mais avec nos clics et nos pages, avec leurs cookies et leurs gratuités, avec ces cadeaux en guise de bienséance, puisque nous sommes des produits.

Nous ne sommes plus humains. Nous ne sommes plus que quelques Giga-octets de données, que quelques lignes de code, que quelques emplacements dans des serveurs qui s’échangent ce que nous sommes comme si le monde n’était plus qu’une immense machine à déposséder, comme si le numérique n’était plus qu’une immense partie carrée, une partouze de gens dépossédés de leur Être, de leur Moi, de leur libre-arbitre qui s’amuït  à mesure que grandit la Smart-Data, à mesure que la puissance des algorithmes rythme nos actions, des besoins, nos envies.

Une volonté ? une croyance en la possibilité de s’en extraire ? Des GAFA qui ne vous laissent pas, plus faire, plus agir comme vous le voudriez. Sauf à ne plus être là à lire ces lignes, sauf à ne plus vouloir jouer au ras des vagues de peur de finir noyé la tête sous l’eau, prise d’écume aveuglante, prisme déformant d’une réalité trouble où le seul reflet qui se projette est une ombre numérique.

Un Mark Zuckerberg zélé à Barcelone au milieu des non-voyant, des non-pensant, des non-existant si ce n’est par une présence physique, alignés sur des chaises, casqués réellement d’un parement virtuel, d’une réalité qui est celle de celui qui la leur livre. Il contrôle. Vous agissez.

Une réalité qui n’en est plus une.

Une éducation qui ne permet pas réellement de comprendre ou d’appréhender cela, tout ce que ces réalités parallèles sont, montrent, laissent à deviner sur un avenir qui n’est plus celui de l’Humain, mais d’un Humain qu’on veut augmenter alors qu’il se laisse d’abord diminuer.

Les œuvres s’écrivent en creux, les creux s’approfondissent, les ornières nous attirent au fond d’un monde où plus rien d’autre ne sera.

Sauf si… Sauf si une autre réalité, la vraie, celle de l’humain pensant, non d’un objet Data, mais d’un sujet pas assujetti et pensant, un acteur, non une utilité… pouvait se dessiner.

Encore faut-il le vouloir.

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À propos de l'auteur

Chef de projet Digital, Social Media Manager, disciple de Bacchus



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