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Publié le 20 juillet, 2016 | par Estelle Bernet

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Intelligence artificielle : “fin de l’humanité” ou “révolution généreuse” ?

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“Fin de l’humanité” (1) ou “révolution généreuse”(2) ?

Bien que les recherches sur l’intelligence artificielle datent des années 1960, les logiciels et machines intelligentes connaissent un nouvel essor depuis l’explosion du Big Data. Au-delà de l’engouement et des promesses de ces technologies, certains restent sceptiques face aux conséquences sur l’humain et la société.

Véritable eldorado pour les entreprises mais source d’angoisse liée à des évolutions importantes et nébuleuses, l’intelligence artificielle remet en question la place de l’humain au sein de la société et sa capacité d’adaptation dans un environnement de plus en plus digital.

Big Data et apprentissage : vers une autonomie à risques ?

L’intelligence artificielle est présente dans le quotidien des internautes via les publicités ciblées, les suggestions d’achat, la relation client… En alimentant les logiciels avec les données recueillies grâce à Internet et aux nouveaux usages mobiles, les chercheurs misent sur le deep learning ou l’apprentissage en profondeur, afin de donner aux I.A toujours plus d’autonomie.

Yann Le Cun, dirigeant du FAIR(3) et actuellement détenteur de la Chaire Informatique et sciences numériques au Collège de France, est l’un des pionniers en matière de deep learning. Ses recherches s’orientent vers un système d’apprentissage non-supervisé par l’homme, grâce à des “connexions neuronales” qui scannent couche par couche des données. En tirant des conclusions de ces analyses, les I.A deviennent plus subtiles et autonomes, notamment dans les domaines de la reconnaissance d’images et de la compréhension du langage.

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Sur ce sujet, “Qu’est ce que l’intelligence artificielle », résumé du cours inaugural de Yann Le Cun au Collège de France

En cela, les intelligences artificielles se complexifient, jusqu’à se passer potentiellement de l’homme. Cette évolution entraînerait une possible prise de liberté des logiciels pour contourner les systèmes d’arrêt. Tout l’enjeu est alors de faire en sorte que les machines pensantes “n’apprennent pas” à éviter leur désactivation. Bien qu’encore du domaine de la théorie, la possibilité doit être envisagée. D’où les réflexions de deux chercheurs de Google et de Future of Humanity, sur la création d’un “bouton rouge” qui stopperait les logiciels intelligents en cas de problème. Google tente ainsi de rassurer à ce sujet, comme le montre également la publication récente de ses 5 règles d’or sur la sécurité en matière d’intelligence artificielle.

Humanité, éthique et technologie

En affinant toujours plus les algorithmes pour comprendre les modes de consommation de l’homme, la relation aux marques, aux individus et aux technologies évolue. L’arrivée des agents conversationnels (ou chatbots) est un symptôme de cette nouvelle approche marketing. Dans quelques années, selon David Marcus(4), les relations clients passeront exclusivement par les messageries instantanées.

De plus, en analysant nos empreintes conversationnelles, le marketing prédictif développé grâce aux algorithmes entraînera une perte d’autonomie dans la prise de décision, en devançant les désirs du consommateur ou en les comblant en temps réel. Cette prévision remet bien évidemment en cause le travail du marketeur, mais aussi la façon dont nous devons appréhender l’évolution des I.A, qui seront de plus en plus présentes et “humanisées” pour échanger de manière plus fluide avec les humains.

Quid alors du remplacement de l’homme par les logiciels intelligents ? La crainte de voir des postes disparaître (le World Economic Forum prévoit une suppression de 5 millions d’emplois par la numérisation de l’économie dans un rapport publié en janvier 2016) révèle l’incompréhension qui flotte autour de la place de l’intelligence artificielle au sein de la société. En France, une étude Ifop pour L’Observatoire B2V des Mémoires révèle que 65% des personnes interrogées s’inquiètent de “l’intelligence artificielle caractérisée par l’autonomie croissante des machines”, tout en admettant que le Big Data et les I.A présentent des avantages importants, notamment dans le domaine de la santé et des sciences.(5)

Cette ambiguïté face aux intelligences artificielles reflète un manque de confiance et la peur des dérives que ces technologies peuvent entraîner. Une lettre ouverte, signée par plus de 700 chercheurs, scientifiques et personnalités, demande ainsi à ce que les avancées liées à l’I.A soient plus transparentes, que ses bénéfices aillent en priorité à des causes sociétales, mais surtout que les I.A soient encadrées par des règles éthiques, encore à définir.

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Insérer une dimension éthique aux problématiques d’intelligence artificielle permettra une meilleure appréhension de ce vaste sujet, de cette technologie aux côtés de l’humain. En repensant la façon d’appréhender les relations humaines (dans une optique business ou non), on pose la question de la modification du travail et des comportements face aux I.A. Cette dernière revêt une dimension pharmacologique, c’est à dire qu’elle est à la fois le poison et le remède(6). En effet, en s’intégrant dans le quotidien, tout en déshumanisant les relations et le travail, en s’immisçant dans les prises de décision et dans l’analyse, les logiciels intelligents poussent l’homme à se tourner vers une nouvelle façon d’appréhender le monde, à travers le prisme de l’intelligence artificielle.

 

Estelle Bernet

 

Pour aller plus loin

Watson, I.A d’IBM, une analyse cognitive au service des entreprises

Conférence Recode : Les craintes et les espoirs d’Elon Musk

L’intelligence artificielle appliquée au marketing prédictif : mythes et limites

Livre blanc AAC Customer Marketing : L’intelligence artificielle, nouvelle frontière du marketing

Entendez-vous ces bruits de bots ? Une réflexion sur la robomorphisation du web et de l’emploi

——————-

Notes
(1)“Je pense que le développement d’une intelligence artificielle complète pourrait mettre fin à l’humanité” Stephen Hawking, entretien accordé à la BBC le 02/12/2014

(2)“Il faut envisager l’intelligence artificielle comme une révolution généreuse et positive dans l’évolution de l’individu” Julien Hobeika, cofondateur et président de la société Julie Desk

(3)Facebook Artificial Intelligence Research

(4)Le nouvel eldorado des bots, par Benjamin Thomas, consultant innovation chez SQLI

(5)Watson, l’intelligence artificielle d’IBM, s’attaque au cancer

(6)Bernard Stiegler, La Société automatique: 1. L’avenir du travail, 2015

 

 

 

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À propos de l'auteur

Chef de projet éditorial Print - Web / Brand Content Manager



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