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Publié le 17 mars, 2015 | par Stéphane Favereaux

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De la nécessité de revenir à l’humanisme 2/2

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Si Internet est lieu des libertés, un espace de libre-échange et de libres échanges, il n’est reste pas moins vrai qu’il apparaît toujours plus nécessaire de recréer un réel lien social débarrassé de cette incommunication souvent évoquée par Dominique Wolton dans nombre de ses livres, et lors de sa première visite au Comptoir Digital. La question de la gouvernance devient elle-même toujours plus présente face aux débats sur la Neutralité du Net.

jpg_10-7-ss-2Repenser l’usage, poser un débat national

Un débat politique national (débat citoyen) d’ampleur doit donc se poser sur la Neutralité du Net, tout en préservant absolument ce qui fait l’essence même du Net : la liberté totale qui y règne, à tout le moins ce sentiment de liberté qui y règne. On peut ne pas être en accord avec Dominique Wolton sur un cadre légal mais pour le moment, ce sont les GAFAs qui dirigent dans les faits, le Net… et la politique des États essaie de suivre ou de légiférer de façon liberticide pour « Surveiller et Punir », si l’on en croit le titre d’un livre de Michel Foucault. Cette prétendue nécessité de surveillance, ce n’est pas encadrer des usages, des libertés, c’est censurer.

Le potentiel des Internets dans la transmission de ce savoir universel, de la connaissance, des valeurs inhérentes à un Nouvel Humanisme est énorme. Mais on constate à l’inverse une standardisation de contenus médiocres, une standardisation de l’humain, des stéréotypes diffusés à l’envi, souvent infondés, une mise en avant d’une politique du scoop à tout prix aux dépens de la qualité d’information, une simplification à outrance de tout… que ce soit du savoir ou de l’actu ou des idéologies puisqu’il faut consommer vite. Prendre le temps du recul, de l’analyse semble ne pas exister dans cet univers.

On tourne en rond, on régresse, on n’avance pas / plus vers le sens, ce sens si désiré pour redonner, justement, du sens, à nos sociétés, à l’Homme, à l’Humanisme, aux échanges entre les Hommes.

michel-serres-nouvelles-technologiesIl semble que si l’on veut combattre ces tendances, il va falloir repenser l’éducation en y intégrant les usages numériques de façon intelligente (et non en collant des tablettes dans les mains d’un enfant de 5 ans), et éduquer les personnes sorties de l’école, ces co-éducateurs que sont les parents.

On a accès à tout mais sait-on réellement quoi faire de tout ce magma mouvant et gonflant tous les jours ? Dans le village mondial cher à MacLuhan, aujourd’hui devenu réalité, les intermédiaires devraient ré-exister et permettre de recontextualiser un savoir devenu masse polymorphe sans fin ni fond ni sens réel ni contexte absolument pertinent.

incommunication et humanisme

Ne plus savoir dire, ne plus savoir échanger, ne plus savoir comprendre, apprendre, appréhender, ou simplement ne plus savoir prendre le temps d’écouter, de lire activement, de réfléchir : autant de risques devenant toujours plus concrets, toujours plus tangibles dans un environnement où il est préférable de consommer plutôt que de réfléchir au sens de la consommation…. où il est préférable de tancer une ministre n’ayant pas lu un auteur cependant que le nombre de lecteur de Modiano en France est minime rapporté à la population. Le populisme bas de plafond est à l’œuvre, rampant, mais il est bel et bien présent.

Un retour à l’Humanisme est aussi une lutte pas à pas contre ce populisme qui annihile toute forme de réflexion profonde sur un société en mutation, sur les interactions au sein de cette société, sur les relations au savoir, où l’on confond politiquement les causes et les conséquences.

L’individualisme propre à l’exposition de soi en Social Media, l’égotisme qui en découle, la tendance à la diffusion de contenus insensés, inutiles, marque une absence absolue de communication réelle. On ne communique plus que faussement, sur des faux-semblants, sur des hypocrisies absolues. On incommunique, dirait Wolton.

stop « L’organisation des médias n’est jamais indépendante d’une vision de la société (…) entre les médias de masse et internet, l’opposition n’est pas entre « vieux » et « nouveaux médias » mais entre deux visions de la société. Le reflet de l’hétérogénéité sociale d’un côté avec la nécessité de faire cohabiter identité et collectivité ; l’acceptation de la segmentation de l’autre », poursuit Dominique Wolton (in « Informer n’est pas communiquer » (CNRS Éditions 2009)).

L’Humanisme qu’il convient, donc, de réinventer, se fonde sur la recréation d’un lien social réel, d’échanges tout aussi réels, fondés, non sur le vide mais sur quelque chose de probant : sur des idées !! Faute de quoi, on s’enterrera dans « La Société du Spectacle » de Debord sans réellement savoir comment en sortir.

Réinventer l’utopie

Les cartes sont donc depuis quelques années rebattues, les égalités diffèrent, les hiérarchies évoluent, l’information mute (et pas forcément dans le bon sens), et c’est pour cela qu’il faudra sortir du contexte de « la techno pour la techno » et revenir aux usages, au sens, à l’Humain, avant tout. La technique, une fois encore, ne créé pas la règle, pas plus que les exceptions à cette supposée règle. Elle pose les conditions d’une réflexion sur le lien, les usages.

Les-sentiers-battus Gilbert Garcin

Les Sentiers Battus / Gilbert Garcin

Pour faire simple, l’Humanisme n’est pas né sur une presse d’imprimerie mais dans ce que celle-ci permettait de diffuser, il n’est pas né avec un nouvel outil technologique mais avec le potentiel que celui-ci offrait… Il est parti de l’Homme pour l’Homme. Pour lui donner corps et sens.

Si l’absence de lien social réel est le grand danger auquel l’Humanité fait front, il devient vraiment pertinent de repenser, donc, ce lien social dans cet « espace » éminemment libre et démocratique qu’est Internet.

Informer, communiquer, échanger, donner, valoriser, sensibiliser, transmettre, créer et donner du sens, des termes que j’ai souvent répétés ici, mais à mon avis, absolument nécessaires si on ne veut pas sombrer. Internet est une Utopie devenue dystopique pour l’Homme, à l’heure actuelle… « l’usage public de la raison » de Kant se pose comme une nécessité dans la création de ce nouvel Humanisme… et dans cette revendication nécessaire des libertés les plus fondamentales qui permettent une démocratie de vivre pleinement.

Or, à l’heure actuelle, les libertés que l’on prend ne sont pas celles qui permettent de grandir. Et il n’est malheureusement pas que des idées libres sur le Net.

A lire sur le même sujet : 

De la nécessité de revenir à l’humanisme (1ere partie)

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À propos de l'auteur

Chef de projet Digital, Social Media Manager, disciple de Bacchus



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