Regards sur....

Publié le 10 janvier, 2015 | par Stéphane Favereaux

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#CharlieHebdo : A vous, les Hommes libres

« Je n’ai pas l’impression d’égorger quelqu’un avec un feutre », disait Charb.

Cabu, Charb, Tignous, Wolinski, Honoré, Oncle Bernard… et bien d’autres encore, assassinés.

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Quand la presse satirique se fait attaquer à l’arme lourde, quand l’humour déclenche des meurtres, la société est en train de mourir…

Mercredi en fin de matinée, Charlie Hebdo, journal satirique, libertaire, libre, a été frappé par la pire des horreur qu’un média français ait eu à subir depuis longtemps.

Quand une organisation, quelle qu’elle soit, s’en prend à l’arme de guerre à un journal, à des journalistes, à un organe de presse révélateur de ce qu’est une démocratie, l’ensemble de la démocratie est atteinte. La France est atteinte.

La tyrannie ne tuera pas la liberté ! « Je préfère mourir debout que vivre à genoux », disait Charb.

Quand des gens sont tués parce qu’ils défendent la liberté, les libertés, celle de dire, de penser, d’écrire, en dehors de tout carcan politique ou religieux, c’est toute la démocratie qui est attaquée.

Quand on tue au nom d’une idée, c’est qu’on a oublié d’en avoir de vraies.

Quand on tue au nom d’un dieu, qu’il soit catho, juif ou musulman, on a oublié ce qu’était l’idée même de dieu.

Quand on tue pour défendre l’innommable, l’indicible, la mise à mort de la liberté, on a oublié ce qu’est un homme, un Humain, un être qui devrait être libre, qui doit absolument, essentiellement, être libre.

Quand on tire sur des hommes libres, c’est que l’on est soi-même asservi par une idéologie, une religion, qui souvent se rapprochent, par peur, par ignorance, par servilité.

Quand on est esclave d’idéologies, de religions, par bêtise, par obscurantisme, par manque de volonté de savoir, de comprendre, d’être, on a oublié que l’humanité se doit la fraternité, la solidarité, l’amour le plus profond… Elle est là, cette Humanité.

Chez Charlie, ce sont des gens que j’ai connu alors que j’étais étudiant, avec qui j’ai grandi quand j’étais môme, qui ont été visés, tués, mis à bas par la plus absolue bassesse, la plus absolue dénégation de l’humanité

Charlie ou tout autre journal, le résultat eut été le même. On assassine au nom d’une idéologie. Ce geste est inqualifiable, insoutenable, insupportable. J’avais les larmes aux yeux, je les ai toujours.

je ne peux pas tolérer qu’on assassine au nom d’un peuple, d’un dieu, d’une idéologie, quelle qu’elle soit.

Il est absolument intolérable de justifier ces actes de quelque façon que ce soit, par quelque obédience religieuse que ce soit.

Les totalitarismes, je les combattrai, toujours.

La liberté, les libertés, je les défendrai, toujours.

Je ne supporterai jamais que l’on jette aux chiens cette liberté, cette démocratie, cet humanisme que j’appelle de mes vœux.

je ne pourrai jamais accepter que l’on bafoue un peuple, que l’on opprime, que l’on asservisse, que l’on tue, en revendiquant une appartenance politique ou religieuse.

« Qu’est ce que la liberté d’expression ? Sans la liberté d’offenser, elle cesse d’exister » disait Salman Rushdie, qui savait ce que signifiait la condamnation par des tarés de dieu.

Vous oubliez une chose essentielle, assassins : si tuer des hommes libres ou asservis par vous est inqualifiable, ça ne tue pas leurs idées, ça ne tue pas nos combats. Les hommes meurent mais les idées survivent, et se renforcent, la liberté ne peut mourir sous des balles, sous les bombes. Les idées se renouvellent, deviennent plus fortes.

D’autres hommes se lèveront toujours pour vous mettre à terre, infâmes zélateurs, pour défendre la liberté de vivre, d’être, de penser, de la presse, d’être un homme, une femme, un enfant.

La liberté se relève toujours et gagne. Et là encore, nous gagnerons ce combat, nous conserverons les libertés que nous devons avoir, que nous devons prendre et garder.

Levez-vous, si vous êtes encore doté d’un sentiment d’humanité.

Levez-vous, quels que soient votre âge, votre situation sociale, vos croyances, vos désirs et vos envies.

Levez-vous, et poursuivez ce combat qui depuis des siècles dure, celui qui vise à rendre les hommes, tous les hommes libres, vraiment libres.

Levez-vous si vous ne pouvez plus tolérer le sang sur les drapeaux des nations libres et de celle qui veulent le devenir

Levez-vous si vous ne pouvez plus tolérer le sang sur les livres.

Levez-vous si vous ne pouvez plus accepter le sang des victimes innocentes sacrifiés sur l’autel de l’infamie.

Levez-vous si vous ne pouvez plus accepter le sang jeté sur les Droits de l’Homme.

Levez-vous si vous ne tolérez plus que les enfants naissent et meurent esclaves de religions ou d’idées.

Levez-vous si la Liberté, l’Egalité, la Fraternité, pour vous, ont encore un sens.

Levez-vous et prenez enfin à cœur et à bras le corps cette liberté qui vous fera vibrer et vivre, qui vous rendra plus humain encore.

Levez-vous en faites vous entendre ! Manifestez votre droit d’être libre, vous en avez le devoir.

Levez-vous, et combattez l’infamie, les totalitarismes, les idéologues liberticides, les assassins des dieux.

Ne les laissez pas gagner, ne les laissez pas vous atteindre par la peur, ne les laissez pas prendre ce que nous avons de plus précieux : la beauté, l’amour, la grâce, le savoir, la liberté, l’Humanité.

Levez-vous. N’oubliez jamais. L’amnésie serait suicidaire.

#JeSuisCharlie

Stéphane

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À propos de l'auteur

Chef de projet Digital, Social Media Manager, disciple de Bacchus



12 Responses to #CharlieHebdo : A vous, les Hommes libres

  1. Bonjour Stéphane,

    Merci pour cet article…
    De tout cœur avec vous.

  2. Nadir says:

    Bel écrit Stéphane, soit fort !

  3. Wilson says:

    Des mots justes et profonds.
    Merci et bravo Stéphane !

  4. Pingback: Lettre Ouverte aux Charlie

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  6. Stephane says:

    Salut Stéphane,

    Pas facile ce merdier. Pas facile d’y voir clair entre l’émotion, la colère, la raison.
    Je viens de parcourir tes billets sur le sujet.
    Je n’ai pas marché.
    Sur les premiers mouvements, vraiment spontanés, j’aurais voulu. Avec ma gosse en fauteuil, âgé de 5 ans, j’ai préféré rester à la maison.

    Ensuite, la marche du dimanche…. Là, je ne sais pas. Je suis partagé entre le vrai mouvement du cœur de certains et l’hypocrisie des autres. Tout ceux qui beuglaient quand Charlie sortaient des Unes plus crues les unes que les autres, et qui aujourd’hui viennent défendre le journal ? Ah…

    Sans parler du fait que la plupart auront bien vite oublié ce qu’est réellement ce symbole de liberté. C’est bien de défendre cela, maintenant, il va falloir accepter d’entendre aussi des choses qui ne plaisent pas, qui font réfléchir, qui dérangent, bousculent. Et là… va pas rester grand monde.

    Comment aussi passer sous silence l’hypocrisie de la Presse ? Celle là même qui désinforme plus qu’elle n’informe, celle qui ne fait plus du journalisme, mais du chiffre. Bah oui ma bonne Dame, faut bien vivre.

    Qu’elle soit écrite ou visuelle, je me demande ce qu’il reste de cette idéologie ? Quand j’ai entendu un célèbre éditorialiste dire « Maintenant, je sais pourquoi je fait ce métier » (Laurent Joffrin), j’ai envie de lui demander ce qu’il foutait avant ??

    Alors, toute cette (fausse) prise de conscience, je veux bien. C’est bien. Des millions de gens dans les rues, c’est bien (et en plus, ils ont réussis à ne pas se foutre sur la gueule !!), les flics qui sont embrassés, applaudis chaudement (les mecs ont pas du y croire !!), bien ! Je ne vais pas cracher dessus.

    Et après ?? Après ? Aujourd’hui ? Demain ? Qui restera Charlie ?…

    PS : Toute ma sympathie dans ce moment difficile pour toi.

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