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Publié le 1 décembre, 2014 | par Stéphane Favereaux

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Facebook : Oraison Funèbre

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Ce texte fut initialement écrit pour Le Comptoir Digital sous forme d’une chronique, alors que nous évoquions la possible disparition de Facebook, sur un ton quelque peu ironique.

——-

Mes amis, mes frères, mes soeurs, monsieur le juge éploré dans ton vin de messe, chers lecteurs perclus de tristesse et de poke, bonjour.

Oui…Oui, mes amis, la nouvelle  à entendre est difficile… Facebook, en ce jour, n’est plus.

Ils sont venus, il sont tous là, même Marky le fils maudit, ils sont tous présents, qu’ils soient vivants ou disparus, oubliés du poke ou célèbres trolleurs, croyants, agnostiques ou incroyants, likeurs souffrants ou commentateurs en pleine santé, early adopters, anciens combattants et arrivés tardifs, ils sont tous présents, si ce n’est avec leur corps, c’est par leur cœur ou par leur âme, par un dernier statut !

Tous ceux qui, un jour, ont croisé ton design bleu apaisant et des milliers de pubs nous sautant avec violence et cougars à la tronche sont là. Toutes ces femmes, ces cam-girls qui nous ont, par le biais de ton réseau presque social, aimés, ruinés, ces pages « fan » dont on se foutait totalement, ces groupes de fachos qui hurlent depuis deux lustres sur tes groupes ou tes pages, plus encore les soirs d’élections, quand les loups fascistes entrent dans une assemblée démocratique, tout ceux qui ont permis que vive ton incroyable destinée sont regroupés autour de vous.

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Facebook, tu étais aux choses de l’esprit, à la relation humaine, ce que le bénitier catho est à la mosquée. Une erreur de casting.

Les plus férus de tes zélateurs inconsidérés t’ont permis d’exploiter les faiblesses humaines et ses instincts les plus bas pour bâtir une illusion relationnelle, une illusion de communication, une illusion de résultat, tout comme en son temps un beatnik barbu né dans la bourgade de Nazareth avait construit une autre illusion humaine pour finir avec une SARL fondée sur deux planches et trois clous tendant à dénoter un grand sens de l’économie de marché.

Facebook, tes poke, tes like, tes faux profils, tes défenseurs, te pleurent. je me ris d’eux, et de toi… Tu savais qu’ à trop vouloir exploiter l’humain, même celui qui accepte la laisse, il finit toujours par se réveiller…

Ton talon d’Achille était l’intelligence de tes membres, tu as su les dresser et les fidéliser, ils ont su te quitter comme on quitte une fille de joie au matin, sans regret.

Tu ne laisseras comme souvenir que celui qui nous permettra aujourd’hui de gagner en temps humain libéré face à l’asservissement du vide que tu avais créé.

Aujourd’hui, Facebook, Mark, notre compagnon fidèle, notre pompe à temps, notre pompe à vie privée….. c’est vous qui nous quittez, emportant avec vous nos souvenirs et surtout nos interrogations et nos mystères ; nos photos de soirées à ce Comptoir, comme celle des ces jeunes filles qui se laisser aller en évanescence érogène sans lesquelles nombre de mâles rustauds t’auraient depuis longtemps quitté…..

Vous laissez chacun de nous, à la fois heureux et fier de vous avoir rencontré, mais encore plus heureux et fier de devoir vous quitter. Vous laissez surtout chacun de nous, seul face à ce que nous aimons : des consciences, des humains, face aux interrogations lancinantes et fondamentales qui ont hanté votre vie, comme elles Hantent (avec un H, comme dans Handicapés aurait dit un célèbre Pierre D.) la vie de tout honnête homme, qui se veut à la fois homme d’action et de réflexion !

Mais qu’est-ce qu’on a foutu pendant 10 ans à perdre notre temps sur tes wall et tes pages ? Tu cherchais inlassablement à donner un sens à ton geste, Facebook, nous l’avons trouvé, et ainsi que le disait le grand dramaturge shakespearien Michel Sardou : mon cher Facebook, je pars, je ne m’enfuis pas, je vole…  !

Facebook-RIPNous ne te regretterons pas. Les bullshiteurs des internets, en revanche, font une pause entre deux articles experts pour pleurer encore ton trépas. Tu leur as permis de ne pas être pas plus de que paraître, mais ton trépas leur permet surtout de se taire. Pour cela, tu auras fait oeuvre utile. On évitera de subir maints selfies vide de sens et d’intérêt.

Jouissez, mesdames, messieurs, de cette trépas, jouissez-en éternellement par la grâce de l’immortelle vertu de cette disparition qui libère. Vous mettrez fin ainsi à tous ces discours funestes. Au lieu de déplorer la mort de ce réseau, soyez heureux. Nourrissez vous de livre et de la parole de la culture. Quand un Facebook décède, les restes des livres et l’ardeur des mots revivent, tel une mémoire d’outre-tombe resurgissant du néant signé Zückerberg.

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À propos de l'auteur

Chef de projet Digital, Social Media Manager, disciple de Bacchus



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