Évolution Digitale

Publié le 17 avril, 2014 | par Stéphane Favereaux

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Interview #Comad14 : 7 questions à… Stéphane Riot / NoveTerra

Portrait_Stéphane Riot (full)Stéphane Riot – Fondateur de NoveTerra, a été conseiller en stratégie et intelligence économique pour de grands groupes internationaux. Il devient le premier responsable du Développement Durable de Vivendi. Il Intervient en conférences et en grandes écoles sur des thématiques variées : L’innovation et les nouvelles formes d’économie, la prospective et la transformation des organisations. Il est enfin le co-auteur de « Vive la CoRévolution!, pour une société collaborative » (Alternatives – 2012) et blogueur pour Co-LabEcolo-Info et Transition(s).

Stéphane intervient notamment aujourd’hui même, 17 avril, au colloque Comad 2014 / Communication à l’âge Digial.

Plus d’infos sur le Comad 2014 sur Comm’Des Mots et dans le Podcast du Comptoir Digital.

 

Stéphane Favereaux :  Pourquoi avoir décidé de fonder Noveterra ? Quel a été le contexte de sa fondation ?

Stéphane Riot : NoveTerra est né en 2005 d’une prise de conscience après un parcours en cabinet de conseil en stratégie puis en grandes entreprises multinationales : nos modèles, même s’ils sont encore pour beaucoup très performants, ne sont plus en lien avec la réalité écologique, économique et sociale.  

Il devient urgent de nous « réinventer ». NoveTerra est le nom qui m’est venu lors d’un moment de réflexion sur le sens que je voulais donner à mon action : contribuer à proposer des nouvelles formes d’économies, d’organisation, de gouvernance, au service de la création de valeur globale pour l’environnement, pour les organisations, pour leurs parties prenantes -internes et externes- et pour la société. C’est l’essence même de NoveTerra : contribuer à inspirer et expérimenter des nouveaux modèles dans un monde en mutation.

S.F. : Quelles sont les missions de cette structure et son rôle, au delà, sociétal ?

S.R. : Le monde bouge : les individus, les collectifs et les organisations (entreprises, associations, systèmes politiques, etc.) vivent de profondes transformations : changement de culture, peur de l’avenir, perte de sens, vision court-terme, etc. … Malgré ce constat anxiogène, nous sommes tous témoins de l’émergence de modèles économiques innovants (économie circulaire, de fonctionnalité, contributive, numérique, etc.), de nouvelles formes de consommation (collaborative, troc, etc.), de production (pair à pair, open source, etc.), de création inspirantes (co-création, innovation participative, etc.)…

Bref, cette période semble être une crise profonde. Elle est, selon nous, une opportunité formidable de repenser nos business modèles, de réinventer nos organisations et de passer à l’action !
C’est là tout le sens notre mission : être un laboratoire, activateur de réinvention !

Notre rôle est d’accompagner les organisations dans un processus de réinvention perçu de manière globale : d’abord en réfléchissant à l’évolution de leur modèle actuel (par la prospective et le prototypage de leur prochain modèle), puis en co-créant avec toutes leurs parties prenantes pour incarner et expérimenter ce nouveau modèle (par des approches collaborative, co-créatives, etc.), et enfin -et parce que c’est ça qui est le plus compliqué- accompagner le facteur humain dans les changements de comportements et de gouvernance que cette mutation implique pour l’organisation (imaginer des nouveaux modèles de créativité, de gouvernance, de management, etc.).

Si on devait parler de « rôle » pour notre collectif, ça serait de proposer des espaces d’expérimentation du monde qui vient, et d’accompagner les premiers pas vers un nouveau modèle durable et souhaitable pour un individu, un collectif, une organisation.

logos_bleuS.F.  : Pensez-vous que l’économie collaborative tend à se développer et à qu’elle perdurera dans le temps ?

S.R. : Ca n’est même plus une interrogation pour moi ! L’économie collaborative est déjà mainstream. Toutes les entreprises avec lesquelles nous travaillons s‘interrogent sur ce mouvement et sur les conséquences de l’économie du partage sur leur propre modèle économique, leur performance, et leur avenir.

Certes, l’économie collaborative, comme toute tendance nouvelle est encore en court de mûrissement. Des acteurs nouveaux arrivent chaque semaine, avec un business modèle plus ou moins pertinent, et des services qui répondent plus ou moins à des demandes réelles en terme d’usage.

Signe des temps, assez emblématique pour moi : les politiques sont très attentifs à l’évolution de cette économie, d’abord parce qu’elle offre de la possibilité de créer de la valeur de manière multi-individuelle et distribuée. Le législateur n’est pas loin derrière aussi et les signaux sont plutôt encourageant quand on voit que la France est assez avancée sur la « libération » du crowdfunding (financement participatif) ; cela démontre bien que le phénomène est installé pour durer. Il va, je pense, encore continuer à évoluer et à s’enrichir, il est loin d’être stabilisé.

S .F. : Pensez-vous voir apparaître un nouveau modèle social de consommation, de communication  ?

S. R. : Les deux vont ensemble : les nouvelles formes de communication , notamment par le numérique, permettent d’enrichir les échanges et donc de démultiplier les possibilités de consommations sous des formes variés (alimentation, mobilité, habitat, services, coup de main, financement, idées, compétences, etc.). Si on doit parler d’un nouveau modèle social, il est vrai que le fait de passer par des biais différents (que la distribution classique, par ex) pour avoir accès à un objet ou un service, fait que nous devenons nous même un peu plus acteur de notre « communication ».

En effet les échanges se font de  de personne à personne (de pair-à-pair). Cela implique de nouveaux contenus dans la communication à savoir la transparence des échanges, la confiance, la réputation, etc. Cela transforme en effet notre rapport aux monde, aux autres et aux choses.

S. F. : En quoi le web a-t-il permis le développement de cette nouvelle façon de consommer ?

Marché aux idéesS. R. : Encore une fois, le web a été le facteur d’expansion de la consommation collaborative. Les plateformes web permettent d’offrir un « tiers de confiance  » dans les échanges et donc de démultiplier les possibilités de « consommer  » pour reprendre votre question. A présent, je peux réserver mes vacances chez quelqu’un à l’autre bout du monde en passant par mon ordinateur de salon, je réserve un co-voiturage depuis mon smartphone, et je garde le contact sur Facebook, et plus si affinités !

Le développement du phénomène est favorisé par le numérique et aussi par la mobilité qu’offre le numérique, les possibilités semblent exponentielles pour le moment.

S. F. : Quelles sont les limites de cette consommation collaborative ? N’est-elle pas qu’une tendance marketing ? Est-ce un véritable terreau essentiel pour les mutations sociales que nous vivons ? 

Bien sûr que la consommation collaborative connaît ses « faux pas » avec des acteurs qui proposent des services devenus payants alors que cela relevait des pratiques sociales usuelles (comme la mise à disposition d’objets, le partage de nourriture ou le covoiturage). Mais la consommation collaborative a aussi permis de redonner un second souffle à des pratiques anciennes comme le troc. Elle a permis aussi de créer de nouveaux services de partage (même gratuits) pour partager du temps, des idées, des compétences, bref pour soutenir une nouvelle forme « d’être ensemble », une nouvelle société, nourrir une « convivialité » chère à Ivan Illitch, un des pères de la pensée écologique et humaine.

S. F. : Qu’avez-vous à ajouter pour votre défense ?

S. R. : Pas grand chose M’sieur le juge (!), j’ai juste l’élan de rajouter que contrairement aux apparences, nous vivons une période formidable ou tout est à inventer, à reconstruire, à créer et que pour une fois, tous les ingrédients sont réunis pour qu’on y parvienne, notamment grâce au numérique et à des frontières qu’il nous permet de dépasser. Pour le coup, on a besoin de pas mal de « CO » pour y arriver, et il peut prendre plusieurs formes en fonction de nos possibilités et de ce que nous avons à faire à notre mesure et notre échelle : CO.urage, CO.nfiance, CO.hérence, CO.habitation, CO.construction, mais surtout du CO.eur…

Alors let’s CO !

Merci à Stéphane Riot !!!

Crédits photos : NoveTerra

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À propos de l'auteur

Chef de projet Digital, Social Media Manager, disciple de Bacchus



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