Points de Vue novequilibres-relations-presse

Publié le 6 février, 2014 | par Georges-Antoine Gary

6

De la théorie de l’évolution des RP, Episode 1 : si on commençait par le commencement ?

Tweet about this on Twitter52Share on Facebook0Share on LinkedIn10Share on Google+0Pin on Pinterest0Share on TumblrEmail this to someone

Depuis pas mal de temps déjà, on voit fleurir de grandes annonces de la part de grands experts à propos de la mort des relations presse… de leur évolution nécessaire, de la mort de ceux qui ne le feront pas…

Diantre ! Fichtre ! Je suis très inquiet. Suis-je en train de m’éteindre à petit feu face aux Nostradamus des RP ? Je pratique cette technique de communication depuis 23 ans et j’ai peur de mourir ! Il faut donc que je repense mon métier, que je m’adapte à la nouvelle donne et que je fasse une remise en cause globale… (et que je pense à mon testament ? )

Donc, comment vous dire mesdames, messieurs, au risque de choquer ? Je pense que les relations presse sont loin d’être mortes !

Oui, les médias vont mal ! Oui, les entreprises ont réduit les budgets. Oui, c’est la criiiiiiiiiiiiise (celle qui explique parfois et justifie souvent) !

socialmediatictactoe

Et bien justement, parce que c’est la crise, parce que les journalistes sur le carreau créent de « nouveaux médias » (sauf Libération ! ), parce que les entreprises sont bien conscientes que les relations presse sont moins chères, je ne pense pas mourir immédiatement. J’arrête donc mon testament pour le moment.

 

De quoi parle-t-on ?

Personnellement, je suis d’accord avec toutes les belles analyses de mes distingués collègues :

  • Les RP de papa, c’est fini…
  • Les médias sociaux sont importants…
  • On ne travaille plus comme avant…

Il fallait bien des experts pour le deviner et nous le dire. Je me sens apaisé.

Mon souci, c’est que les relations presse, c’est vaste. On ne travaille pas de la même façon pour tous les clients… On s’adapte en fonction des budgets, des objectifs, etc… Mais aussi, il nous faut savoir quelle est la taille de l’entreprise, la qualité de ses porte-paroles,…

Tous ces petits détails qui font que des indépendants, des groupes d’indépendants, de toutes petites agences, des agences indépendantes et des groupes de communications coexistent et arrivent encore à vivre…

 

Alors pourquoi je la ramène me direz-vous ?

Et bien, tout d’abord, je veux faire ma pub essayer d’expliquer aux clients – ou aux « bébés des RP » qu’ils embauchent à tour de bras comme Responsables des Relations Extérieures – que la révolution, c’était avant, oui avant, quand vous avez réfléchi (ou pas !) à comment faire !

Que la grande révolution dont tous les experts nous parlent, c’est tout bonnement utiliser les médias sociaux mais que cela ne change absolument pas la technique des relations presse !

Notre cible s’est élargie et nous oblige à faire notre boulot comme il faut !

Enfin, si j’ose dire, mon jeune collègue adoré, mon client chéri, il s’agit de :

- Comprendre ce dont on parle à un journaliste, blogueur, influenceur, free-lance, ou quel que soit le nom que l’on veut lui donner… ET être capable de donner des informations de base sur ce que l’on veut lui vendre ;

- Intégrer qu’un communiqué de presse est un outil, un repère pour le journaliste qui le reçoit et sûrement pas une œuvre littéraire (oui, je n’aime pas parler pendant 2 heures de l’emplacement des virgules !) et si les communiqués de presse se suffisaient à eux-mêmes, les parasites des RP à bas prix ou les automates de diffusion seraient les rois de ce métier ;

- Accessoirement, essayer de cibler son communiqué ou son information en vérifiant à qui on l’envoie !

- Comprendre que ce n’est pas parce que l’on demande aux attachés de presse d’utiliser les médias sociaux que cela les dispense de rencontrer les journalistes, c’est même le contraire !

- Qu’un tweet ou un post (oui à 46 balais, on sait aussi ce que c’est !) ne font pas une couverture médiatique !

- Arrêter de se masturber le cerveau avec des grandes théories : on nous demande d’intégrer les infos du client, de les adapter selon des cibles visées et de convaincre la personne en face !

- Et aider son client à vendre ou à valoriser ses actions en le plaçant là où il faut.

On a de nouveaux outils qui génèrent de nouveaux usages, on s’adapte, donc…

martine_attache_de_presse

Alors au risque d’en choquer plus d’un, je suis au regret de dire que la grande évolution dont on nous parle est de FAIRE SON TRAVAIL ! (c’est dingue ! ) et de le faire bien, avec ces nouveaux usages, non comme on l’aurait fait il y a 30 ans !

Ce ne sont pas les RP qui ont changé mais l’environnement dans lequel on les pratique. Il n’existe pas de RP digitales ou 2.0 (bullshit ou buzz word, vous choisissez)  mais des RP dans un monde digital…. pour paraphraser Clive Sirkin…

Un attaché de presse peut difficilement parler de blogueurs ou d’influenceurs s’il n’a même pas un compte actif sur au moins un des grands médias sociaux : de la logique pure !

Un attaché de presse doit créer, entretenir et faire grandir un réseau de journalistes pour ses clients : jusque-là rien n’a changé !

Un attaché de presse est un commercial de son client sur des cibles spécifiques et réduites ! Et c’est tout.

Ne confondons pas la technique et l’enrobage. Commençons par faire bien ce que l’on nous demande, après on pourra voir comment organiser cela.

La suite, prochainement, dans l’épisode 2.

 

Georges-Antoine Gary 

Né dans les relations presse en 1990, Georges-Antoine a travaillé dans différentes agences de relations presse pour des clients IT depuis lors. Il a dirigé sa propre structure pendant 9 ans avant de rejoindre Open2Europe. De plus, il intervient régulièrement à l’EFAP comme formateur.

GAG

Tweet about this on Twitter52Share on Facebook0Share on LinkedIn10Share on Google+0Pin on Pinterest0Share on TumblrEmail this to someone

Tags: , , , ,


À propos de l'auteur



6 Responses to De la théorie de l’évolution des RP, Episode 1 : si on commençait par le commencement ?

  1. Bravo George-Antoine ! J’ajouterais que certains aiment réinventer la roue des RP en te renommant les fondamentaux du métier avec des buzz words bien bullshit pour montrer qu’ils sont des pros des RP numériques (les RP « digitales » c’est les RP des doigts je te le répète encore).

    On vient donc te parler de storytelling, de newsjacking, etc. toutes ces superbes nouvelles tendances des RP alors que cela fait partie des bases : veille –> opportunité –> réaction (positionnement/discours ciblés/travaillé) –> retombées.

    J’attends avec impatience celui qui va nous vendre l’intérêt d’utiliser les marronniers avec le buzz word anglais.

  2. Très bon article. Malheureusement les jeunes sont former par les aveugles et reconduisent les mauvais comportement.

    Je ne suis pas journaliste, je suis blogueur (oui, je fais la distinction) !
    Il parait que le blogueur est désormais un élément des plans de RP que les annonceurs délèguent pardon payent aux agences.

    Petit rappel : un blogueur a besoin de contenu … qu’il trouve facilement sur le web.

    Le jour où les responsables RP comprendront que les relations humaines sont primordiales pour leur business et qu’ils arrêteront
    - d’envoyer leur CP en PJ au format pdf,
    - d’envoyer QUE le contenu du CP sans bonjour, un contexte, une demande,
    - de transférer un CP
    - de s’écrire à eux même et de mettre le destinataire en cci
    - de proposer des contenus qui n’ont rien à voir avec la ligne édito du blog

    bref de faire LEUR TRAVAIL comme le dit Georges-Antoine, ils obtiendront des retours, leurs clients seront content et ils auront mérité leur salaire.
    Merci pour ton post Georges-Antoine, il a une saveur particulière car écrit par un bon RP du sérail

    PS : ma minute de pub pour expliquer mon commentaire
    http://www.consonaute.fr/2012/12/13/les-agences-de-rp-ne-savent-pas-parler-aux-blogueurs-certaines-seulement/

    Bruno.

  3. Pingback: De la théorie de l’évolution des RP. Episode 2 : et si l’immédiat, c’était plus long finalement ? » Comm' des Mots

  4. Carole BROZEK says:

    Bravo pour cette « remise des pendules à l’heure » que je partage

  5. Je porte une jeune galerie d’art. Je n’irai surement pas dire que je n’en ai pas besoin, mais j’ai su m’en passer. Une politique offensive sur internet, Facebook, Twitter, Google+, joint à un référencement constant sur tous les sites possibles en relation avec l’art et la culture, m’ont permis de placer mon établissement parmi les lieux incontournables de l’art contemporain à Lyon, cela sans aucun papier dans la presse. La presse nationale se fiche de ce qu’il se passe en dehors de Paris, et la presse locale attend que quelqu’un parle de moi avant de s’engager. J’envois des CP, simples, courts, pas trop mal faits à mon avis… (c’est moi qui les fait… c’est pas très objectif !), je n’ai pas de retour. J’ai tenté le mail, le tweet, le courrier papier,… Rien. La RP est effectivement une question de réseau, et cela, c’est long pour le créer. En bref, quand j’aurai les moyens de m’offrir ces services, je n’hésiterai pas !

  6. Pingback: Mort programmée des relations presse? - Plurimedia-training.com | Plurimedia-training.com

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>

Back to Top ↑

var _gaq = _gaq || []; _gaq.push(['_setAccount', 'UA-44493253-1']); _gaq.push(['_trackPageview']); (function() { var ga = document.createElement('script'); ga.type = 'text/javascript'; ga.async = true; ga.src = ('https:' == document.location.protocol ? 'https://ssl' : 'http://www') + '.google-analytics.com/ga.js'; var s = document.getElementsByTagName('script')[0]; s.parentNode.insertBefore(ga, s); })();