Le Comptoir Digital the_infamous_luxe

Publié le 12 décembre, 2012 | par Stéphane Favereaux

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La Matinale Digitale. Chronique "le luxe"

11 décembre 2012 : Christian Radmilovitch est l’invité de La Matinale Digitale pour évoquer le lien entre la communication digitale et le luxe… Des problématiques de marque complexes, de la créativité, des stratégies d’image, des questions de perception du luxe… et l’occasion pour moi de revenir sur quelques idées préconçues, sur l’actualité, à travers le prisme du luxe…

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Cher Christian, chers chroniqueurs, chers auditeurs, Monsieur le juge, Bonsoir !

Quand j’appris que notre invité du jour était Christian Radmilovitch, alias Pinterest Man, alias luxury boy, je me suis dit « Mon petit, il ne va pas falloir débiter trop de billevesées sur les marques de luxe et leurs produits, le mec s’y connait un peu quand même, il ne faudrait pas que je perde ma crédibilité en parlant de But ou de Kiabi, marques luxe bien connues des ménagères de moins de 50 ans sans aucun goût ou au goût douteux, pour faire plaisir à mon Ami Eric, présent dans ce studio ». Ça devrait être facile, en effet, j’ai pour principe de conserver mon élégance en toute circonstance.

Gustave Flaubert alors qu’il écrit à Louise Collet, évoque le fait qu’il existe des gens pour qui « le beau est plus utile que le bon »… Le luxe, c’est l’inutile indispensable, c’est le superfétatoire et l’achat de valeurs, de plaisir, tout ce qu’en gros, nous n’avons pas vu ce week-end à la télé…

Un exemple parlant de ce qu’il ne faut pas faire : tu veux jouer les grandes mais tu as des manières de petite ; tu vas assister à des courses hippiques, Nadine, mais tu portes robe et chapeau de luxe comme un lépreux porte des gants délicats de chevreau doublés de soie !

Il en va de même pour les vacances…. Quel est ce besoin qui oblige le gueux à aller se montrer sur Facebook à  Megève ou Courchevel en y laissant l’hypothèque de sa maison et son livret A ? Une marée noire est définitivement  moins nocive qu’une marée de touristes engluant la potentialité auriculaire des petites routes bucoliques de montagne serpentant  dans les alpages entre les marmottes ! On finit par regretter les congés payés.

Et ce week-end fut l’occasion d’un choc des cultures sur les chaines TF1 et France 2. Miss France d’un côté, ou le luxe pour le pauvre d’esprit, et les myopathes de l’autre, ou le luxe qu’on ne veut pas gâcher face à l’abjection triviale de ce spectacle malheureusement utile.

Cette image nauséabonde de luxe répugnant qu’affiche parfois TF1 avec cet élevage de dindes peu avant Noël laisse pantois. Quand on voit la réussite de Miss Bourgogne, Bourgogne dont on préfère le vin à cette excroissance misérable de bassesse indigente couronnée, nous avons envie d’échouer.

Le luxe, c’est aussi la finesse, l’art de vivre, le délice, l’intelligence d’une satisfaction liée aux mots, aux matières délicieuses, à l’intelligence esthétique d’un créateur comme Benoît Duvignacq… C’est lire Voltaire, Kennedy Toole et sa Conjuration des Imbéciles, Lautréamont, Milan Kundera, Sade ou Omar Khayyam avec un chat paisible ronronnant à côté. Leurs mots, leurs images, leurs messages sont porteurs de ce qu’il manque à l’élection de la gourde de l’année : douceur, beauté, grâce, délicatesse, réflexion, charme, tendresse, humanisme surtout….

Une Miss a ceci de particulier qu’elle est jeune et fraîche, pimpante comme une fleur à peine éclose… à l’image de ce qui lui reste d’intelligence pour s’offrir ainsi en spectacle face à une France hébétée, percluse de fange intellectuelle et de vulgarité pathologique. Oui, une élection de Miss France, c’est la vulgarité qui s’affiche claironnante entre strass et paillettes. C’est du bling bling sarkozyesque, c’est tout sauf du luxe.

Le luxe, ce n’est pas non plus sa vautrer dans le foie gras d’une oie ou une caisse d’huitres à Noël en insultant des vins.

Mais quel manque d’éducation ! Au nom de quelle profonde imbécillité te sens-tu obligé à tant de suffisance dans tes comportements pour penser que le luxe une fois par an un soir de Noël sert à te grandir ?

Beaucoup trop de gens prosélytes du Coca se laissent aller dans une complaisance ineffable à salir le luxe délicat au ton rouge profond d’un Château Figeac en le confondant avec une vinasse vulgaire enfilée sans goût un soir de Noël … Le coût d’un produit ne fait pas son luxe… Bien loin s’en faut…

Et là, dans ces contextes, je suis ébranlé, à l’instar des enfants de chœur qui dans la sacristie découvrent les joies du travail manuel avec le ministère divin.

Le Luxe, ce n’est pas le porno crade des bas de plafond, c’est l’érotisme sensuel… Ce n’est pas le pauvre besogneux avec son air pervers et lamentable qui honore sa bourgeoise protozoairement éduquée. Le chant exquis et délicat des anges érotiques se mue, sitôt que le manouvrier pose ses pognes calleuses sur la peau variqueuse de sa femelle humaine, en une muflerie sans pareille, quand l’homme de bien sait donner hommage à la délicieuse compagne de sa couche qui exhale alors de petits chants plaisants et suaves…. Le luxe, c’est cette petite chose en plus qui enivre et rend désirable une journée. Voilà pourquoi le communisme a disparu…

Le luxe, parfois, se veut douteux tant il est clinquant, voulu, désiré, souhaité… aussi souhaité qu’un myopathe peut désirer un fauteuil… Mais en temps de crise, on l’abomine, on le conchie, on le critique ce luxe qu’on souhaite toutes et tous… Au point de se vautrer dans la vulgarité de la contrefaçon pour se mentir à soi même…Pourtant, donnez l’occasion à l’hypocrite moyen de s’y rouler, il oubliera ses doutes, ses réticences et fera honneur à bobonne en claquant ses gains au loto.

Sarcasmes mis à part, la condition de l’éclopé du bulbe face à ce qu’il croit être luxueux, face aux quelques rappeurs salissant le luxe par une surcharge visuellement insultante d’artifices ignobles, face à ces impotents donc, il n’est guère facile de retrouver la raison qui est l’apanage de l’homme de bien…. Dans un monde et une mode ou le méchu et le rappeur, par cet étalage, finissent par faire se téléscoper deux mondes opposés, la performance est érigée en religion, en inévitable critère de réussite sociale, donc en étalage de marque luxe. Jeunes gens, vous avez encore à apprendre… Relisez Flaubert, et peut-être comprendrez-vous !

Mais, déjà Antoine est en train de sortir une épée sertie de diamants qu’il a piquée à un académicien français impotent, à un pléonasme, donc. C’est signe que je suis trop long et que je le serai moins si ces diamants finissent entre mes omoplates, alors je vais conclure…

L’image affligeante que la populace donne au luxe, monsieur le juge, ce n’est pas ma faute, je voulais faire preuve de délicatesse et de finesse, mais les décérébrés, encore une fois, l’ont emporté.

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