Le Comptoir Digital student life

Publié le 28 novembre, 2012 | par Stéphane Favereaux

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La Matinale Digitale. Chronique "Etudiants et emploi"

27 novembre 2012. Grégory Nédélec et Serge-Henri Saint-Michel viennent dans le studio de La Matinale Digitale pour évoquer le lancement d’un site social de valorisation des étudiants dans le cadre de leurs recherches de jobs, de stages, d’alternance : Workonnection.  Ce fut évidemment aussi l’occasion de revenir sur cette problématique délicate du first job à la fin des études…

Et bien sûr, ce fut pour moi le moment de donner un avis…. particulier et satirique sur cette question.

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Cher Serge-Henri, Cher Grégory, chers chroniqueurs, chers auditeurs, Monsieur le juge, Bonsoir

Lorsque j’appris que nos invités du jour étaient Serge-Henri Saint-Michel et Grégory Nédélec, des mecs qui quand même s’y connaissent en Social Media, en marketing digital et en formation, je me suis dit « Mon petit, il ne va pas falloir débiter trop d’horreurs relatives aux étudiants, je suis après tout moi aussi éleveur de champions… Mais malheureusement, il me sera difficile de relever ce défi, j’ai raté la journée de la gentillesse et Nadine n’a toujours pas répondu à notre invitation…. Cela tend à me rendre quelque peu chafouin »… Alors, allons-y !

Voici une semaine, nous avons pu constater avec nos invités Alexandre Sap et Fabrice Brovelli, que, selon Fabrice, les jeunes aimaient quelque pratique contre-nature et n’en restaient pas moins souriants dès lors que sur le net un nouveau produit musical était mis à leur disposition… Aujourd’hui, nul produit musical, mais un site de mise en relation… Un site qui pourrait ressembler AdopteUnEtudiant, non pour des pratiques contre nature et fondamentale, mais pour faire en sorte de valoriser le cheptel conséquent de la jeunesse de France…

Et c’est bien là une tâche ardue, noble et délicate…

Ami étudiant, quand tu cherches à offrir ta compétence ou ton savoir-faire, résonnent parfois encore quelques antiennes d’un autre temps : travailler plus pour être viré plus vite, travailler plus pour consommer moins, travailler plus pour travailler plus, travailler plus pour se soumettre plus, travailler plus pour avoir plus encore mal au séant…. Le bonheur à l’état pur. Alors, le choix de la valorisation s’impose….

La trivialité boursouflée de gratitude de ces messages qu’on reçoit de personnes qui vous ignorent les 364 jours restant de l’année quand elles ne cherchent pas à être recrutées tend à me donner de l’eczéma. Et oui, j’ai la peau fragile et l’allergie à la connerie est encore une maladie orpheline. Mais heureusement, ce n’est pas le cas de tous les candidats ! Sauf, éventuellement, rue de Vaugirard…

Quand un étudiant se doit de rechercher un job, un stage, alors que ses tribulations académiques se sont tues, il lui faut remuer ses réseaux et son arrière-train…. Je n’ai rien contre la sympathie de mes contemporains à l’œil humide d’amitié puérile et de mes contemporaines à la lèvre rougie de timidité lorsqu’il ou elle vous claque une petite bise alors que d’un bureau de recruteur il ou elle sorte….. Non, bien au contraire. Mais bon sang, et oui je ne peux pas dire bon dieu, rien ne prouve qu’il est bon ce crucifié né de l’émasculée conception… donc, bon sang, disais-je, pourquoi ne valorise-t-on point le monde estudiantin ? Par tradition ? La tradition, c’est l’alibi des gens qui n’ont pas d’imagination ! Par flemme ? Par dédain ?

Est-ce la faute du monde du travail ou des étudiants eux-mêmes ? Diantre….

Donc, essayons de caractériser un instant l’étudiant en lettres moyen…. Mais vraiment moyen…

Vestimentairement parlant, il sent bon le vintage parce qu’il s’oppose à la société de consommation. Oui, souvent l’étudiant littéraire est socialement impliqué. Dans ses choix de tissus, il privilégie un coton durable, parce que le monde, il faut le sauver d’abord. Quelle force ces étudiants, quelle volonté !

Politiquement, il est avide, curieux, cérébral, il réfléchit. Il est de gauche. Forcément, son argument est massue, comme le général du même nom qui en Algérie, n’était pas soupçonné d’appartenance socialiste. Il est de gôôôôche parce que son cœur est à gauche… Puisqu’il est de gôche, il est social. Associatif. Il s’implique. Il glose. Il débat. Il cherche. Il pense.

Arrêtons-nous un instant sur cette délicieuse image. N’est-ce pas beau, ami auditeur, tant d’idéalisme incarné dans cette jeune fille aux cheveux filasses percluse de lettres et de haschisch ? Mais fi ! Nulle critique ne viendra énerver mon propos, enfin, pas pour le moment.

Autre détail qui permet de distinguer un étudiant en lettres d’un ragondin et de Mère Térésa : il lit. Beaucoup. Normalement…

Il est cependant parfois des étudiants relevant de la caricature du pleutre paltoquet.  En en retrouvant la piste sur Facebook alors que l’oubli avait fait son œuvre après de longues années de formation, j’en trouve même qui votent Mélenchon, c’est dire ! Même mon coiffeur ne le fait pas. Lui, il vote Mitterrand à chaque présidentielle. J’ai beau lui dire que le décoré de la francisque est mort voici longtemps, il me rétorque « mais Bernadette Chirac aussi, pourtant elle récolte encore des pièces jaunes pour les orphelins de l’UMP et les pains au chocolat de Jean-François ! » Que dire face à cela ? S’affliger ? Se navrer d’importance ? Non, ne rien dire !

Il est aussi de ces étudiants lèche-cul, une espèce à l’obséquiosité sans nom, fort heureusement assez rare. Ils sont prévenants quand on ne leur demande rien, ils sont ceux qui permettent le fait du prince, qui permettent que l’on abuse de leur personne et nous remercient au final. Cet étudiant est l’employé idéal, le stagiaire rêvé, l’élève parfait qui du haut de sa médiocrité crasse suçote les extrémités patronales espérant obtenir un retour. En voie de disparition, au contraire du con moyen, du beauf et du cégétiste, et contrairement aux ours malheureusement, le lèche-botte affiche son incompétence, s’en vante, mais fait des ronds de jambe à son maître.

Il est le petit chien que l’on exècre, qui se reproduit sur nos pompes. L’échine courbée en permanence, sa souplesse rampante est sans pareil bien que parfois son haleine fétide puisse déranger l’homme de bien. Ce laudateur exécrable injurie le recruteur… Son existence où la jovialité atroce et insultante de son sourire à votre égard n’a d’égale que la vilenie intellectuelle derrière laquelle il se recroqueville à tout instant pour vous flatter, pour vous susurrer de sa voix doucereuse que vous êtes le meilleur, reste de tout temps horripilante. La flatterie est le fait des imbéciles.

Alors que faire pour bien sélectionner son étudiant, son futur collaborateur ? Un conseil mon ami l’étudiant, reste ce que tu es, relis Nietzsche, et tu comprendras ! Prouve-nous, ami étudiant, que tu as une valeur ajoutée, ne sois pas moyen ! Existe en dehors de ce que l’on veut que tu sois… Ne sois pas une moyenne des moyennes qui finit par aboutir au vide presque religieux… La différenciation est essentielle…. Et le Social Media est là pour t’apporter un outil supplémentaire, un supplément d’âme ! Alors sache l’utiliser à dessein… ne sombre pas dans cette beauté intellectuelle que n’aurait pas renié le philosophe bêlant Didier Barbelivien ou le poète des villes Booba… Ne soit pas vide.

Fais en sorte, mon ami, que ta réputation on-line ne soit pas aussi salace qu’une élection à l’UMP qui s’avère aussi démocratique qu’un scrutin en Corée du Nord en donnant de la politique une image semblable à celle que Lorie donne de l’opéra wagnerien.

Mais, déjà Antoine est en train de sortir un fusil à canon scié, signe que je suis trop long et que je risque de l’être vraiment moins s’il réussit à mettre dedans les cartouches qu’il à récupérées alors qu’il naviguait en eaux troubles, entre une réunion de chasseurs solognots et un apéro avec lesdits viandards…

Alors, je vais conclure,  les étudiants neuronalement sous-équipés, monsieur le juge, ce n’est pas ma faute, j’étais occupé à chasser le troll des cavernes sur les réseaux et une aimable partie de la  jeunesse de France s’est laissée aller à flinguer son e-réputation.

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