Regards sur.... Assemblee_nationale

Publié le 5 juin, 2012 | par Stéphane Favereaux

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Social Média et Législatives 2012 : j’y vais ou j’y vais pas ?

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Si les Présidentielles que nous venons de vivre sur les médias et réseaux sociaux ont montré un ensemble de possibilités pertinentes en termes de communication politique, il n’en va pas tout à fait de même avec les législatives qui se profilent. A quelques rares exceptions près, les résultats frôlent la catastrophe.

Cet article fait suite à un entretien que j’ai eu avec Myriam Matinrazm pour La Chaine Parlementaire.

L’article de Myriam sur LCP.

Premier bilan

Quelques constats malheureux doivent tout d’abord être posés :

Si 81 % des députés disposent d’un site web, parfois une simple page au design à faire peur (mais là n’est pas le sujet), les médias (oui, oui, médias, Messieurs les impétrants Députés) sociaux et réseaux (‘z’avez peur là ?) demeurent en revanche minoritaires en termes d’usage.

  • 52 % des députés sortants ne possèdent pas de profil Facebook…
  • 77,50 % de disposent pas de page Fan
  • 74 % n’ont aucune présence (volontaire) sur Twitter

Il vaut mieux ne pas évoquer les autres réseaux, ce pourrait être effrayant !

Autre constat : quand les pages existent, pour nombre d’entre-elles, il n’existe aucune réelle stratégie de contenus. Avoir une page pour le simple plaisir d’en avoir une n’a globalement aucun intérêt, à tout le moins ne sert qu’à flatter l’ego politicus, mais n’apporte rien à la communauté, ce pour quoi, à l’origine, ce type de page existe. Le Personal Branding devient vite Personal Branling !

Sans réelle stratégie de contenus, il va de soi que les communautés ne peuvent se fonder sur quoi que ce soit. Sans push de contenus à valeur ajouté : même résultat. Sans mise en œuvre d’une véritable conversation avec les membres influents du Web ou des communautés en cours de constitution : même résultat. Sans réel engagement du Candidat : même résultat.

Une étude de l’IFOP donne des résultats plus précis et montre que la route à parcourir risque d’être fort longue si l’on souhaite un parlement à l’image du parlement américain.

Dis papa, pourquoi ?

Même si je doute qu’un humain de petite taille s’intéresse aux stratégies Social Média des futurs élus de la République qui feraient mieux de communiquer, il va sans dire que cette question mérite d’être posée. Donc, merci à l’enfant inconnu de l’avoir posée !

1)       Méconnaissance : Facebook, Twitter, You Tube, Pinterest… Des mots pouvant générer une réelle crainte. Sans connaître, on entend des bruits de couloirs ou de Palais, mais on ne se connecte pas à la réalité des évolutions de la communication. La volonté de découverte existe-t-elle ? Parfois, j’en doute.

2)       Constat générationnel : sans aucun doute. L’âge moyen des députés, même s’il tend à baisser, reste élevé. Le député français reste un quinqua voire plus (pour l’assemblée élue en 2007). Et leur présence sur Facebook et Twitter n’apparaît pas majoritaire.

 

3)       La crainte de perdre la main. Quand un candidat à une élection lance sa page sur les réseaux sociaux, des groupes d’influence se créent spontanément en complément de cette page officielle et se structurent pour entrer dans le débat via les pages « Fans » sur Facebook… Dès lors, la politique sur les réseaux se gère donc parfois en dehors du regard officiel du candidat. Les militants prennent le relai. Et le candidat, le Député, n’a plus le contrôle absolu sur les idées, les contenus qu’il souhaite transmettre. Les vieilles recettes de la politique ont le cuir dur… Une communication politique aujourd’hui se doit d’être horizontale, et non uniquement descendante…. Si toutefois on souhaite évoluer et faire une politique au service des citoyens… 25 millions de compte Facebook en France, ça fait un paquet d’électeurs potentiels, non ? Il est loin le temps où il fallait juste communiquer avec le Lion’s Club local et le Rotary !

4)       Les mentalités ? un sujet qui fâche…. Si les raisons évoquées précédemment permettent de tirer une première conclusion, les professions d’origine des Députés permettent, elles aussi, de poser un constat : elles ne sont pas celles que l’on retrouve le plus souvent sur les réseaux, sur ces tranches d’âge en tout cas.

L’observatoire des Inégalités fut très clair : « Alors que les employés et les ouvriers représentent plus de la moitié de la population active, seul 1% des députés proviennent de leurs rangs. Et encore, certains élus ont quitté leur profession d’origine depuis de longues années. A l’inverse, les cadres et professions intellectuelles supérieures représentent 59 % de l’ensemble. Avec les professions libérales, ils forment les trois quarts des députés. »

Sans évoquer les notables balzaciens, les élites régionales ou départementales, ce qui serait caricatural, il va sans dire que ce « nouveau » média leur est soit étranger, soit inconnu en termes d’usages, soit ils s’en méfient sans limite.

Être Social Député ou ne pas Être

Ce qui peut aussi poser largement problème : les hommes politiques ou les candidats, qu’ils le veuillent ou non, sont présents sur les réseaux sociaux. On parle d’eux, même s’ils n’ont aucune présence Social Média. De fait, en termes d’e-réputation, il est tout de même préférable qu’ils soient présents. Le contrôle sur les contenus sera alors possible, ils pourront rester en veille avec leurs équipes et répondre, débattre, échanger, entrer en conversation… Une femme ou un homme politique sur les réseaux sociaux ne s’appartient plus…  A l’identique d’une marque, il convient d’accepter de perdre une partie du contrôle…

« Il s’agit là d’une question d’image, de crédibilité, de proximité avec les électeurs, avec les citoyens. Perdre la main (ou ne pas la prendre) sur l’image politique « social média », c’est perdre la main sur une grande partie des idées, de l’opinion publique… » avais-je dit lors de mon entretien avec La Chaine Parlementaire.

Qui pis est, les électeurs confient à des députés un mandant les amenant à voter des lois dont une grande partie contient un volet numérique… Et quelle crédibilité peut-on leur accorder dans ce type de contexte sur ce genre de vote ? Aucune, je le crains. Heureusement, parfois, les conseillers veillent au grain et au Maroquin.

De plus, les médias classiques, traditionnels perdent de leur efficacité, de plus en plus. De fait, une campagne sans médias sociaux reste une aberration. Grâce à eux, on peut réagir très vite aux attaques adverses, on peut mettre en place de vrais débats d’idées. L’engagement sur les réseaux sociaux des candidats à la députation pourrait aussi permettre de (re)conquérir un électorat plus jeune, assez traditionnellement abstentionniste sur cette élection législative.

Et cette réalité éclate plus encore lorsqu’on sait que le challenge est difficile : le militantisme est en crise, moins d’1 % de la population adulte est impliquée. Mais les réseaux créent une nouvelle forme d’engagement citoyen qui contraint les politiques à cette présence pour enrichir le débat autour de leurs idées.

Un contre-exemple

Myriam Matinrazm dans son article évoque le cas (terme à dessein) de Christophe Caresche, député sortant et diffusant une vidéo participative  « CareschExpérience ».

La stratégie Social Média sur laquelle s’appuie Christophe Caresch paraît probante. A défaut d’être élu (si tel n’est pas le cas), il aura au moins été vu et partagé… Ses idées avec !

So What ?

La communication politique pour cette élection, à l’évidence, peine à avancer. Manque de conseil ? Manque de volonté ? D’envie ? Trouille absolue de retrouver sa tête sur Google ou d’y laisser des traces en rapport avec l’idéologie mise en œuvre ?

Pour finir, deux exemples : une Députée sortante de l’Ouest de la France a fermé sa page Facebook au premier commentaire qu’elle avait estimé négatif… Un autre candidat à l’élection 2012, toujours dans l’Ouest de la France, estime inutile un compte Twitter puisque tous les journalistes locaux y sont déjà présents !

Révélateur ?

Petite remarque pour finir à tous les candidats : dans Social Média, on trouve le mot « Social », et le mot « Média »… Les deux associés, ça vous parle ? Oui ? Non ? Je passe (rayer les mentions inutiles)

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À propos de l'auteur

Chef de projet Digital, Social Media Manager, disciple de Bacchus



2 Responses to Social Média et Législatives 2012 : j’y vais ou j’y vais pas ?

  1. Tiffany says:

    Le fond de ton article tient bien la route mais tu oublies aussi le pendant, côté électeur : nombre d’entre nous ne souhaitent pas afficher publiquement leur couleur politique, leur soutien à un candidat, … et ça notamment sur Facebook. Les réactions aux e-mailing à caractère politique sont assez épidermiques, les personnes associant l’a réception de ce genre d’e-mail au fait d’être « fichés ». Donc, même lorsqu’un candidat a une démarche volontaire de dialogue sur les réseaux sociaux, il rencontre aussi parfois un manque d’écho en raison de ces blocages.

    • L’axe électeur pose en effet de nombreux soucis ! je co-signe totalement ton commentaire… Cependant, je pensais en faire un article à part entière ASAP ! Il est vrai qu’afficher son opinion politique peut poser un problème en terme de profilage sur les réseaux sociaux ! Être marqué de tel ou tel bord politique peut scléroser une personne… Cependant, on peut aussi liker une page Fan de tel ou tel candidat sans pour autant le soutenir politiquement, mais juste pour l’information….

      Autre problème : le sens du vent et la sincérité de l’engagement politique sur les réseaux sociaux…. Il est parfois de bon ton de se montrer dans le sens du vent, et non du côté d’un parti qui se fait étriller…. les frontières du politiquement correct évoluent en permanence…. Pour autant, il est des engagements qui s’affichent : la communauté du FN sur Facebook et son nombre de membres sont révélateurs.

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