éducation ecolier

Publié le 19 juillet, 2011 | par Stéphane Favereaux

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Les rythmes scolaires 2/2

J’évoquais dans mon précédent billet la formation des profs, la multiplication des réformes, la suite est au moins aussi édifiante.

Difficultés de concentration…

Les multiples sollicitations auxquelles les enfants sont soumises hors de l’école sont peut-être aussi à prendre en compte… Ce qui implique le temps de sommeil, ce qui implique la responsabilité familiale… nombre d’enfants sont connectés régulièrement à un forum, à un tchat, à un réseau social.

Les somnologues reconnaissent comme délétère la trop grande utilisation des écrans sur les rythmes chrono-biologiques, de fait, sur le sommeil, tant en qualité qu’en quantité.

De plus, sur ces sessions connectées au Net, les enfants apprennent très vite que tout le savoir est disponible à loisir, et on retrouve ces états de fait jusque dans l’enseignement supérieur. Pourquoi passer son temps à apprendre quand tout est sur Google ?

Encore faudrait-il que ces chers petits sachent s’en servir, de fait, qu’ils y soient formés par des enseignants responsabilisés réellement sur cette question, chose encore trop rare actuellement. Il en va de même pour une très grande majorité de parents d’élèves quelque peu désœuvrés face à l’hydre Internet.

Refonte des programmes

Chaque ministre de l’Education Nationale, de plus, veut marquer de sa main son passage sous les lambris de la République. De fait, d’année en année, on remanie, on retouche, on saupoudre, on tripatouille les programmes dans toutes les matières, notamment dans les sciences humaines. Et ce, à tous les niveaux. Suppression d’heures de français, allègement des programmes, technicisation outrée des matières (en français notamment), nettoyages de parties complètes en histoire, en éducation civique, etc.

Et ce jusqu’ à la suppression complète de matière dans certaines classes de lycée…

Or, qu’y a-t-il de plus nécessaire si l’on veut (mais le veut-on réellement ?) former des citoyens responsable que de leur inculquer l’histoire, la maîtrise de leur langue, de leur culture ? Quoi de plus absolument nécessaire que de réveiller leur esprit critique, la prise de recul analytique et la curiosité poussant à voir plus loin que ce que l’Educ Nat et TF 1 ou  Public leur collent dans le crâne ?

La pensée unique souvent inique des bancs de l’école n’est pas suffisante mais le terreau doit s’y déposer. Un môme doit se préparer à affronter la société dans laquelle il prendra place et non pas devenir panurgéen.

L’enfant n’est plus l’infans, celui qui ne parle pas, ne pense pas. Il est un sujet actif au sein de son processus d’éducation, on le sait, on l’a toujours su, alors pourquoi lui faire subir ce qu’il ne souhaite pas alors qu’un enfant est naturellement curieux, pour peu que ce qu’on lui donne à bouffer soit intéressant…

La question des rythmes

Cette question masque donc un autre problème autrement plus grave, celui d’une éducation nationale qui s’est enfermée dans un système non-réformable, tant il s’est sclérosé, tant elle ne se sent pas capable d’évoluer.

C’est une volonté aussi de retirer de plus en plus à l’enseignement public, laïque, gratuit, sa capacité à former tous les mômes de la même façon, au profit d’une éducation privée, confessionnelle ou non.

C’est une impossibilité de gérer deux données adverses : l’éducation et l’économie. Le budget de l’éducation doit impérativement rester le premier budget de l’état, c’est de moins en moins souvent le cas.

Vouloir une fois de plus réformer les rythmes scolaires, c’est vouloir décoller une couche d’écorce de l’arbrisseau grotesque qui cache une forêt de chênes séculaires. La malhonnêteté intellectuelle la plus profonde est à l’œuvre dans ce débat décoratif responsabilisant les gouvernants qui privatisent de façon rampante une Education Nationale en lambeaux….

Plus que des rythmes scolaires, la question qui se pose est celle de l’avenir d’une école que l’on peut choisir soit responsable soit pratiquant un nivellement par le bas. Il s’agit là d’un choix de société impliquant 100 % des français, pas uniquement ceux qui veulent partir en week-end à Deauville.

Si on ne veut pas une société vide intellectuellement, si on ne veut pas d’une société de suiveurs sans aucun sens critique, sans aucune culture, sans maîtrise du contexte dans lequel elle vit, il faut se donner les moyens, à l’école, d’agir… Encore une fois, le veut-on réellement sous les ors ?

Un peuple qui pense est un peuple dangereux.

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