Coups d'éclat censorship_250px

Publié le 5 mars, 2010 | par Stéphane Favereaux

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FAI vs LOPPSI 2

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Quand la politique prend des décisions concernant un outil dont elle ignore en grande partie le fonctionnement, il va de soi que les réactions ne se font pas attendre…. LOPPSI 2, adoptée à l’Assemblé en première lecture par un nombre de député proche du scandale exige des FAI de prendre des mesures totalement inefficaces.

l’Association des Fournisseurs d’Accès et de Services Internet s’oppose donc formellement à ce fameux article 4 contre lequel la blogosphère et les internautes luttent activement.

Imposer aux FAI de bloquer les sites pédopornographiques voire, au-delà, tout site illégal est dénoncé par l’AFA. Ce procédé est inefficace. Ce n’est pas l’accès aux sites pédophiles qu’il faut bloquer, c’est le site lui-même qui doit être mis hors ligne. Et là, ce n’est pas à un FAI d’agir, mais à la justice, ou plus exactement à une justice qui fera son travail, qui s’en donnera les moyens. Les hébergeurs des sites qui pourraient être incriminés devront retirer toutes les données pénalisables. En effet, il est extrêmement facile de passer outre un blocage qu’un FAI pourrait mettre en place. Tout internaute un peu aguerri sait parfaitement le faire. Bloquer un contenu, ce n’est pas en interdire l’accès global. Bloquer un contenu, quel qu’il soit, laisse en ligne l’ensemble des informations. Connexion depuis un autre pays, connexion anonyme, et le blocage FAI est inopérant, sans intérêt. Pourtant le législateur ne semble pas tenir compte des avis professionnels.

Ce ne sera pas au demeurant la première fois : Hadopi et le téléchargement légal, Zelnik et la pseudo-légalisation du téléchargement…, maintenant LOPPSI 2…: « le blocage n’empêchera pas la diffusion de contenus de pornographie enfantine, très nombreux, via les réseaux peer to peer.» dit l’AFA dans son communiqué.

Et pourtant, l’Assemblée vote, le Sénat va suivre assurément… bel exemple d’aveu d’incompétence…

Responsabilité politique et Internet

Au delà même de ce débat contre la pédopornographie, LOPPSI 2 et l’ensemble des dispositifs légaux sécuritaires destinés à fliquer le web pose une question plus large : celle de la gestion du Web que les politiques veulent s’arroger à grands coups de lois, de décrets, liberticides.

Il est de la responsabilité politique qui veut légiférer d’assumer ses décisions. De fait, ne jamais tenir compte des avis spécialisés, techniques, finalement, va dans le sens non des criminels mais de la lutte contre ces lois. Il nous est ainsi plus facile de dénoncer l’iniquité des décisions prises dans les deux chambres.

Autre faille dans le raisonnement politique, déléguer à outrance le contrôle à des plateformes techniques non habilités ou n’ayant pas la compétence, on pensera par exemple à Extelia pour le filtrage IP hadopien… De fait, quand l’état avoue son incompétence, la blogosphère peut s’en sortir, le Net et les anarnautes espérer garder leur liberté. Et ce, d’autant plus que les décrets d’application tardent à être publiés au J.O, ce qui est soit reste une bonne nouvelle… certes pas définitive….

Loppsi 2 ? Et alors…

Loppsi 2, nous l’avons déjà dit, prétend lutter contre, en vrac, l’usurpation d’identité, les contenus à caractère pédopornographique, les escroqueries en tout genre, etc., contre tout et rien…Liberticide au possible, cette loi porte en elle la surveillance absolue du Web, de la fin de la vie réellement privée en ligne… Détruire d’abord pour montrer à quel point quelque chose ne fonctionne pas : la technique manipulatrice et sécuritariste par excellence. Ce fut fait avec les écoles, les entreprises, les services publics, maintenant le Net…

 

Malgré tout, et la légèreté politique mise à part, les lois arbitraires restent iniques et la veille ne doit pas être relâchée.  Et pour une fois que l’AFA est du coté du Web…Elle rappelle l’existence sur le Net de Point de contact. Ce site en ligne depuis douze ans permet aux internautes de signaler tout contenu « potentiellement attentatoire à la dignité humaine ».

En fonction des termes de la LCEN, l’AFA se rapproche alors de l’hébergeur « si ce dernier est membre de l’AFA » et des autorités compétentes. L’OCLCTIC, notamment. Ces organismes montrent, s’il était besoin, que ce sont les internautes qui peuvent dénoncer des contenus abusifs, illégaux, donc autogérer les Net… légiférer apparaît inutile, surtout dans ces conditions relativement lamentables, sans réelle concertation avec les acteurs du Web. Ce type de loi sert essentiellement à jeter sur la toile un climat de suspicion intolérable dans un pays où nous sommes présumés innocents. Loppsi 2 sera inopérant, inefficace… le législateur le sait. Les internautes savent autogérer le Net sans qu’il soit besoin de mettre un commissariat à chaque hotspot, à chaque box, à chaque proxy.

 

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À propos de l'auteur

Chef de projet Digital, Social Media Manager, disciple de Bacchus



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